Amis du rock'n'roll bonsoir ! Dans notre série "Y'a des artistes que j'ai vraiment très envie de voir en concert", L'ADLL vous propose aujourd'hui son unique épisode, vu que j'ai eu la flemme de poster suite à Stereo Total et aux Pixies. Autant vous prévenir tout de suite, si vous voulez savoir qui a gueulé sa race en faisant des gestes indécents avec sa langue hier soir (le tout pour 15 €), vous allez devoir sauter quelques paragraphes (sauf si vous connaissez le titre du dernier album).
À peine arrivés dans la salle, madame veut aller aux toilettes (ça a son importance), donc je poireaute devant la porte. La synchro entre sortie des chiottes et début de la première partie est presque impeccable, et on arrive devant la scène quelques secondes après le début de la première chanson de Grim Skunk. Et là, d'entrée, c'est tout simplement excellent. La salle est un peu endormie, les spectateurs arrivent doucement, mais ça ne change rien au fait que les gens qui jouent devant nous ont la patate, des compos excellentes, et ont l'air de fous furieux qui gueulent leur race avec talent, tout ce qui fait un bon concert rock. Mention spéciale au pianiste/chanteur avec ses airs de psychopathe déguisé en premier de la classe. D'ailleurs c'est peut-être pas que des airs. C'est bien simple, j'ai acheté le CD en sortant (et bien sûr il est décevant comparé à la formidable performance scénique, mais c'était inévitable).
Ils partent trop tôt bien sûr, et place à l'attente entre première et seconde partie (trois parties en tout). On commence à se demander qui peut bien être cette seconde partie, à bailler, à voir le matériel débarquer, et notamment une guitare à paillettes. Je me dis "putain on va quand même pas se taper M à un concert de rock", mais réalise que je ne peux partager cette réflexion avec personne, car il est totalement inconnu du public viennois. Finalement, trois personnes arrivent sur scène, et un mix de Punky Brewster et Courtney Love chope la guitare pailletée et nous lâche "Good evening Vienna, we are Die Mannequin". C'est à ce moment précis que se glisse à mon oreille un "Oh wait I saw her in the toilets, she was putting on some make-up the whole time I was there". Punky attaque à la gratte pendant que les deux autres se mettent en place, pose son pied sur l'épaule du mec de la sécurité qui la jette, elle s'en fout, escalade les enceintes sur le bord de la scène, et ça joue, ça crie, y'a de l'énergie, le jeu de scène semble tout d'abord un peu puéril mais s'impose finalement et devient franchement excellent, notamment lorsqu'elle va avec son micro puis avec sa guitare (la seconde, ornée d'une photo de chaton mal découpée) dans le public, qui a aussi le droit d'utiliser le micro et la guitare. Le seul défaut est la qualité des compos, franchement chiantes, et pendant un bon moment on s'emmerde quand même beaucoup. Mais la qualité va crescendo, et à la fin je regrette que ça s'arrête alors que je commençais à énormément apprécier, cela malgré une très mauvaise impression de départ. Peut-être qu'attaquer avec des chansons moins speed que le groupe précédent a influencé l'impression en question.
La vraie attente, celle de la star du soir, commence alors dans l'impatience générale. Les gens commencent à faire les relous et à essayer de s'incruster devant (alors que 3 secondes de pogo suffisent, manque d'expérience les gars). Après une éternité qui a bien duré 20 minutes, (roulement de tambour) Danko Jones débarque sur scène et entame avec bien sûr la première du dernier album. Raconter la suite en détails n'est pas intéressant, ce concert était simplement à la hauteur de mes attentes, qui étaient fort hautes. Du gros son (mais pas trop, cf titre), de la violence, du pogo, du slam, et du school sucks, le tout s'arrêtant bien sûr beaucoup trop tôt. Mention spéciale à tous les fanboys que je ne supporte plus, je dois mal vieillir, ok le gars qui est sur scène nous fait passer un super moment, mais il reste un être humain, pas un dieu. Dans vos chattes à tous, vos mères sortent le briquet téléphone portable pour Where is my Mind en enfer. Mention spéciale aussi à l'abruti qui headbange comme un taré, ce que j'accepte et encourage, mais qui en plus balance violemment sa tête et tout son corps en arrière, forcément ya mon nez au milieu. Connard[1].
Enfin, il convient de souligner que mes lunettes au passif fort à-propos sont tombées dans une porcherie au sol vers la fin du concert. Je me suis calmement baissé, confiant que je les retrouverais intactes dans les secondes suivantes, ce qui est exactement ce qui s'est passé. Le seul gars autour de moi qui se soit rendu compte de leur chute a halluciné quand il m'a vu tâtonner trois secondes, me relever, les épousseter et les arborer à nouveau sur mon visage. À y réfléchir, c'est probablement le calme et la sérénité avec lesquels j'ai géré l'incident qui l'ont troublé. Ces lunettes nous enterreront tous.